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LUNDI 01 DéCEMBRE, 2008
 
Miss Pop à Astropolis

Interview à Amine, membre de Miss Pop (activité de l’association les Productions du Possible).

1. Amine bonsoir. Miss Pop pourquoi ce nom ?

Bonsoir. Miss Pop déjà parce que ça sonne bien, c’est quelque chose de populaire donc ça va bien avec notre délire à nous. Et aussi c’est une entité qui n’existe pas. En fait, c’est comme une légende. Nous, on stimule un petit peu cette légende. C’est quelque chose qui intrigue, plus qu’autre chose. Donc Miss Pop, elle vient avec tous ses déguisements, elle prête ses fringues à tout le monde pour délirer. Et on ne sait pas où elle est. Elle nous prête ses sapes mais on ne la voit jamais. C’est ça qui est magique.

2. Peux-tu nous parler en deux mots des interventions de Miss Pop ?

Alors Miss Pop met a disposition sa garde robe totalement déjantée pour dérider le public parce que l’idée pour nous est de le rendre « spect’acteur » de l ‘événement. Miss Pop c’est assez récent en fait, ça a un an, maintenant. On a commencé par l’Electro Alternativ à Toulouse, c’est le plus gros festival électro, qu’on a fait sur deux ans de suite. Après, on a enchaîné sur quelques soirées à Toulouse qu’on a organisé avec les Productions du Possible sous le nom les productions du possible : on faisait justement de la musique et des déguisements. Et dernièrement, on a enchaîné sur le festival de Châlons-sur-Saône, qui est un grand festival de spectacle de rue, où il y a pas mal de monde, donc là-bas aussi, on avait un stand de déguisement, où vraiment ça a super bien marché. Les gens ils étaient super fans. C’est un autre public, mais les gens ont été aussi réceptifs, voire plus. Et voir les gens plus âgés avec la moustache déguisés autant que les petits et même des gens sur des chaises roulantes, ça fait vraiment plaisir de casser ces barrières grâce à Miss Pop !

3. Définirais-tu Miss Pop comme représentant de la tendance récente vintage et compagnie, ou plutôt comme anti tendance et anti fashion total ?

C’est anti fashion et anti tendance totale, c’est exactement ça. C’est-à-dire nous on est là, on ramène des fringues qui peuvent être super moches et des fringues qui peuvent être super collector. Et en fait, il y a des qui adorent le moche et d’autres qui adorent les trucs un petit peu plus soignés, donc il y en a un petit peu pour tous les goûts quoi. Chacun trouve le vêtement de son propre délire et peut se changer à volonté au fil de ses intuitions.

4. Quelle est ton idée de la fête ?

Pour Miss Pop, la fête est un exutoire qui doit être riche en rencontres. Et l’idée c’est surtout je pense, de mettre en avant la dérision, de casser les codes vestimentaires. Du coup, les gens, ben, avec un déguisement, ils se lâchent un peu plus d’emblée. Ils se sentent dans une attitude différente, ça a un effet désinhibiteur quoi ; le plus gros effet c’est ça, en fait. Et surtout, ça permet de voir les gens comme des gamins, sautiller partout. En sachant qu’ils peuvent porter toutes ces fringues, et les remettre, et les porter à volonté, et revenir. Et à chaque fois, en général, les mecs, ben, ils adorent les robes de mamies et les filles, des trucs un peu plus colorés. Mais on a de tout. On a autant des gens qui vont vraiment trouver quelque chose de limite raffiné, avec beaucoup de goût et d’autres qui veulent vraiment du moche et être le plus ridicule possible. Donc vraiment l’élément principal, c’est que les gens, ils partent en ne se prenant plus au sérieux. Ils partent de là détendus, les codes vestimentaires sont cassés et ils se lâchent un peu plus.

5. Miss Pop et Astropolis, quel est le dénominateur commun ?

Déjà les bretons, c’est des bons fêtards. Donc automatiquement, un élément qui épice un petit peu la fête. Les bretons sont très réceptifs à ce qu’on a vu. Le lien entre Miss pop et Astropolis, c’est l’envie de faire plaisir à un public au travers d’événements électro. Et en rapport direct à la thématique de cette année, aux 20 ans de la rave à Astropolis, Miss Pop est née d’un esprit quelque part assez underground aussi. Les organisateurs voulaient marquer le coup en ramenant quelque chose d’original. Ils voulaient habiller un peu plus leur festival avec quelque chose d’original, pour mettre le public dans une ambiance festive et pour que le public se lâche. Visiblement ça marche très bien. Oui, Miss Pop à Astropolis c’est la première fois et on espère qu’il y en aura d’autres !

6. Miss Pop à Astropolis, c’est pour se faire plaisir et faire plaisir aux gens ou un projet d’envergure commerciale ?

Miss Pop c’est effectivement pour se faire plaisir. Notre association est composée d’un groupe d’amis aux compétences diverses qui veulent se rapprocher de leurs envies créatives, existentielles, sociales ou politiques. Après, il faut bien vivre et ce genre de projet coûte cher. C’est le festival qui paye la prestation. En fait, l’idée première, c’est le goût prononcé de Mick, le fondateur, pour… il aime bien se travestir en fille, c’est un bon fêtard qui a vraiment une bonne énergie de la fête et une bonne philosophie de la fête ; donc, vraiment l’élément déclencheur c’était vraiment faire la fête et déconner, et vraiment ramener de la joie de vivre aux gens quoi. C’est ça l’élément déclencheur. Donc la base c’est vraiment faire plaisir, donner du plaisir aux gens. Après… aujourd’hui on est présents à Astropolis, c’est l’un des plus gros festivals électro en France, mais ce n’est pas du tout le fruit d’une opération de marketing promotionnel acharné. On travaille notre com comme toutes les structures qui veulent faire parler d’elles, et aujourd’hui on a de bons échos des programmateurs de soirées et tout ça. Il y a aussi une grosse énergie dans Miss Pop, de par les différents projets. Par exemple, musicalement, il y a le projet qui est jumelé à Miss Pop qui s’appelle le Catcheur et la pute. Donc c’est Mick et moi sur scène, on joue de la musique électro rock assez variée et dansante, avec une mise en scène d’une rencontre improbable entre une pute et un catcheur sans vergogne. Une mise en scène un peu burlesque, tout le temps dans la dérision: ça rejoint parfaitement l’esprit de Miss Pop.

7. Miss Pop c’est un travestissement féminin. Quelle est l’origine de cette idée ?

C’est Mick qui est à la base de cette idée que je trouve moi personnellement géniale. Il fallait y penser, elle est toute bête ! Cette idée de proposer des déguisements aux gens pour une soirée où il y a beaucoup de monde, ça n’existe pas. Lui c’est quelqu’un qui a une bonne philosophie de la fête. C’est un bon fêtard, un bon vivant, du coup, c’était naturel pour lui. On se déguise pour rigoler. Et le côté féminin, et bien, il se trouve que Mick aime bien se déguiser en fille (Rires). Parce que Miss Pop, c’est aussi l’idée de travestir la gente masculine et taquiner un peu notre culture machiste. Et puis comme on travaille en collaboration avec Emmaüs, c’est aussi une position contraire à la surconsommation où les gens jettent des tonnes de fringues ; et ben nous, on contrecarre un petit peu ce système là de surconsommation, en récupérant, en échange de procédés. Mais l’essence même de Miss Pop c’est le côté festif au final. Et nous vraiment, on prend beaucoup de plaisir à faire ça parce qu’on voit les gens partir trop contents, ils sautent partout et c’est vrai que ça fait vraiment plaisir de voir ce qu’il se passe chez les gens quoi.

8. Parle-nous de l’après Astropolis.

Après Astropolis on a pas mal de projets qui doivent se confirmer pour la rentrée. L’idée c’est surtout s’exporter de Toulouse parce qu’on a fait quand même pas mal de choses sur Toulouse. Et aussi travailler ce côté musical de Miss Pop avec le Catcheur et la Pute qu’on essaie de développer au maximum. On travaille ce projet qui est jumelé à Miss Pop quoi. En fait, le concept le Catcheur et la Pute revendique la fête comme une zone propice à la rencontre sous toutes ses formes : humaine, musicale, dansante, sexuelle. Oui, c’est-à-dire que c’est quelque part une image globale : Miss Pop a ses amis dont le Catcheur et la pute qui sont là pour ambiancer les soirées et mettre de la musique. C’est quelque chose qui peut être ensemble ou qui peut être séparé, mais qui a une essence commune : la fête sans se prendre au sérieux, dans la dérision, et en couleurs, autant vintage que paillettes. C’est un mélange de robes de mamies et de paillettes, de boules disco, et de vestes en poil poil. C’est vraiment un mix de tout ça, quoi.

copyright 2008 © Propos recueillis par Joëlle Edery/ agence itinerancies.
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